Durapaliassé S2#7 – Flynt / Catherine Ducommun-Nagy

iac - 27 mars 2026

LE RAP : Flynt, Histoires vraies

LE TEXTE SAVANT : Catherine Ducommun-Nagy, Ces loyautés qui nous libèrent

P.162

Les familles combattent le changement

Lorsqu’on a affaire à un système vivant, comme celui de la famille, on parle de système ouvert. Cela signifie que le système est lié à d’autres systèmes (inférieurs ou supérieurs) dont il subit les influences. Par exemple, l’organe est un système vivant lié à un système inférieur, la cellule ; et la famille un système vivant supérieur lié à un système vivant inférieur, l’individu. Pour ne pas se fondre avec les systèmes qui les entourent, les systèmes ouverts doivent être pourvus de mécanismes régulateurs qui leur permettent de conserver leur structure. Ils doivent également être capable de retrouver leur état de départ quand ils sont soumis à des changements dans leur environnement. Ces capacités, les scientifiques les désignent par le terme d’homéostasie. N’importe quel système est formé par un assemblage d’unités qui ont une tendance à se disperser. Il est donc nécessaire qu’il possède des forces qui assurent la cohésion de l’ensemble. Ainsi, quand les mécanismes qui assurent le fonctionnement du couple en tant qu’unité cessent d’être effectifs, les deux individus qui le forment se séparent.

 

Personnellement responsables

Le danger de la théorie des systèmes est de considérer l’individu comme un automate, d’imaginer que ses actions sont prédéterminées par des lois du système en question, ou par la structure de la relation. Or même dans nos relations avec les autres, nous gardons des caractéristiques individuelles, des besoins particuliers et une histoire unique. Ces éléments influencent nos comportements tout autant que les règles de fonctionnement des systèmes auxquels nous appartenons. Nous ne sommes pas de simples marionnettes dont les ficelles seraient tirées par les forces de notre système familial. Nous restons libres d’agir sur la base de décisions qui n’appartiennent qu’à nous et dont nous devons assumer l’entière responsabilité. Surgit alors la possibilité d’une « éthique relationnelle » : c’est justement parce que nous sommes interpellés par les conséquences de nos actes pour les autres que nous pourrons trouver la force de changer.